Ask AI

Anticorps conjugués à des médicaments (ADC) TROP2 pour les cancers avancés HR-positifs/HER2-négatifs et triple-négatifs : Mettre les nouvelles données en pratique

Clinical Thought
Clinical Thought Start Activity

Released: September 09, 2026

See Activity Collection

Explorez les données de phase III à l’origine des nouvelles autorisations réglementaires pour les ADC anti-TROP2 dans les cancers du sein métastatiques RH+ /HER2- et triple négatif, avec un focus sur les nouvelles données d'efficacité et de sécurité qui peuvent aider au choix de traitement. Découvrez les avis d'experts sur le choix du traitement de première ligne et des lignes ultérieures en fonction de l'éligibilité à l'immunothérapie et du profil d'événements indésirables des ADC ciblant TROP. Enfin, apprenez à anticiper et atténuer les éventuels effets indésirables susceptibles de limiter la poursuite du traitement, et quels soins de support proposer. 

Les ADCs TROP2 dans le cancer du sein

Key Takeaways
  • Les ADC dirigés contre TROP2 ont un rôle établi dans le cancer du sein triple négatif métastatique et le cancer du sein RH+/HER2-, les indications actuelles ne nécessitant pas de tester l’expression de TROP2.
  • Les données de phase III des études TROPION-Breast02 et ASCENT-03 soutiennent respectivement le datopotamab deruxtecan et le sacituzumab govitecan en première ligne pour les cancers triple négatifs métastatiques non éligibles à une immunothérapie anti PD1/PD-L1.
  • Les principaux effets indésirables à anticiper et à gérer comprennent les aphtes, les réactions oculaires et la pneumopathie interstitielle diffuse/pneumonie pour le datopotamab deruxtecan; la neutropénie et la diarrhée pour le sacituzumab govitecan.

Dans ce commentaire, Peter Schmid, MD, PhD, FRCP, détaille comment les anticorps conjugués (ADC) dirigés contre TROP2 modifient le traitement du cancer du sein triple négatif métastatique (TNBC) et du cancer du sein récepteurs hormonaux (RH) positifs/HER2 négatifs. Il aborde les données de phase III soutenant les options de traitement récemment élargies, les indications réglementaires actuelles, les considérations pratiques pour lle choix et la séquence d’emploi des ADC anti-TROP2, ainsi que les stratégies pour anticiper et gérer les événements indésirables (EI) caractéristiques.

Les ADC anti-TROP2 se développent dans le cancer du sein métastatique
TROP2 est une glycoprotéine de surface cellulaire exprimée dans de nombreux cancers épithéliaux, notamment le cancer du sein, et est devenue une cible importante pour le développement des ADC. Les ADC dirigés contre TROP2 actuellement disponibles associent un anticorps anti-TROP2 à des inhibiteurs de la topoisomérase I. Bien que l'expression de TROP2 fournisse le rationel biologique de l’emploi de ces traitements, les indications actuelles approuvées par la FDA pour le cancer du sein, tant pour le sacituzumab govitecan que pour le datopotamab deruxtecan (Dato-DXd), ne demandent pas de mesurer le niveau d’expression de TROP2 avant d’initier le traitement.

Le paysage thérapeutique des ADC anti-TROP2 couvre désormais à la fois les cancers triple négatifs et RH+/HER2-. Aux États-Unis, le sacituzumab govitecan est approuvé pour le traitement de deuxième ligne du cancer du sein triple négatif métastatique et du cancer du sein RH+/HER2- et, depuis juin 2026, il est également disponible en monothérapie de première ligne pour les adultes atteints d'un TNBC localement avancé non résécable ou métastatique qui ne sont pas candidats à du pembrolizumab en première ligne. Le Dato-DXd est approuvé pour le cancer du sein RH+/HER2- localement avancé non résécable ou métastatique précédemment traité par hormonothérapie et au moins une ligne de chimiothérapie et, depuis mai 2026, pour le TNBC non résécable ou métastatique lorsque le traitement par pembrolizumab n'est pas une option.

Dans l’Union européenne (UE), la monothérapie de première ligne avec le sacituzumab govitecan ou Dato-DXd est autorisée pour les patientes atteintes d’un cancer du sein triple négatif métastatique non éligible à l’immunothérapie. La combinaison sacituzumab govitecan et pembrolizumab utilisée en en première ligne dans le cancer du sein triple négatif PD-L1 positif a reçu un avis positif du Comité des médicaments à usage humain (CHMP) en juillet 2026, la décision de la Commission européenne étant, à date d’août 2026,encore en attente.

Traitement de première ligne du cancer du sein triple négatif : Des données clés déplacent les ADC anti-TROP2 vers un stade plus précoce de la maladie
Pour les patientes atteintes d'un cancer du sein triple négatif avancé non prétraité au stade métastatique et qui ne sont pas candidates à l'immunothérapie, l'essai de phase III TROPION-Breast02 a randomisé 644 patientes pour recevoir soit du Dato-DXd à 6 mg/kg toutes les 3 semaines, soit une chimiothérapie au choix de l'investigateur. Les deux critères d’évaluation principaux étaient la survie sans progression (SSP), évaluée de manière centralisée en aveugle (BICR) –et la survie globale (SG). Il a été démontré que Dato-DXd améliorait la SSP médiane (10,8 contre 5,6 mois; RR : 0,57; IC à 95 % : 0,44 à 0,73; p < 0,0001) et la survie globale médiane (23,7 contre 18,7 mois; RR : 0,79; IC à 951 % : 0,64 à 0,98; P = 0,029); le taux de réponse objective confirmé (ORR) était de 64 % contre 30 %. Les effets indésirables courants comprenaient des aphtes buccaux (63 %), des nausées (48 %), l'alopécie (43 %), la sécheresse oculaire (26 %) et la kératite (26 %); des effets indésirables graves sont survenus chez 17 % des patientes et 1 patiente (0,3 %) a développé une pneumopathie interstitielle (PI) ou une pneumonie fatale. Ces résultats ont permis d’obtenir l'approbation de la FDA en mai 2026 et l'autorisation ultérieure de l'UE pour le Dato-DXd en première ligne chez les adultes atteintes d'un TNBC non résécable ou métastatique qui ne sont pas candidates à un traitement par inhibiteur de PD-1/PD-L1.

L'essai de phase III ASCENT-03 a évalué le sacituzumab govitecan à 10 mg/kg par voie intraveineuse les jours 1 et 8 de chaque cycle de 21 jours par rapport à une chimiothérapie au choix du médecin chez 558 patientes atteintes d'un TNBC localement avancé ou métastatique non résécable et non traité auparavant, qui n'étaient pas candidates aux inhibiteurs de PD-1/PD-L1. L'essai a atteint son critère d'évaluation principal, avec une SSP médiane évaluée en aveugle par une revue centralisée indépendante de 9,7 mois contre 6,9 mois (RR : 0,62; IC à 95 % : 0,50 à 0,77; P < 0,001). Le taux de réponse objective confirmé était de 48 % contre 46 %, avec une durée médiane de la réponse plus longue avec le sacituzumab govitecan (12,2 contre 7,2 mois). Les données de survie globale étaient immatures lors de l'analyse principale. Des EI de grade ≥ 3 sont survenus chez 66 % contre 62 % des patientes, la neutropénie (43 %) et la diarrhée (9 %) étant parmi les événements de grade ≥ 3 les plus fréquents avec le sacituzumab govitecan. Ces résultats ont permis l'approbation de la monothérapie de première ligne aux États-Unis et dans l'UE pour les patientes qui ne sont pas candidates à un traitement par inhibiteur de PD-1/PD-L1.

Pour les TNBC avancés PD-L1 positifs non traités auparavant (hormis au stade précoce), l'essai de phase III ASCENT-04/KEYNOTE-D19 a randomisé 443 patientes entre le sacituzumab govitecan plus pembrolizumab ou chimiothérapie standard plus pembrolizumab. La SSP médiane évaluée en aveugle par une revue centralisée indépendante était de 11,2 mois contre 7,8 mois (RR : 0,65 ; IC à 95 % : 0,51 à 0,84; P < 0,001), le taux de réponse objective était de 60 % contre 53 %, et la durée médiane de la réponse était de 16,5 mois contre 9,2 mois. Les données de survie globale restaient immatures. Des EI de grade ≥ 3 sont survenus chez 71 % contre 70 % des patientes, et l'arrêt du traitement en raison d'EI est survenu chez 12 % contre 31 % des patientes, respectivement. Ces données ont là encore mené à une approbation par la FDA, en juin 2026, de la combinaison sacituzumab govitecan et pembrolizumab pour le traitement de première ligne du cancer du sein triple négatif localement avancé ou métastatique non résécable avec un score CPS ≥ 10, tel que déterminé par un test autorisé par la FDA. En Europe, le CHMP a recommandé cette combinaison en juillet 2026, la décision de la Commission européenne étant toujours en suspens en août 2026.

Maladie RH+/HER2- : Efficacité et séquence des traitements
Les ADC anti-TROP2 constituent également des options établies après une hormonothérapie chez les patientes atteintes d'un cancer du sein métastatique RH+/HER2-. Dans l'essai de phase III TROPION-Breast01, 732 patientes atteintes d'une maladie inopérable ou métastatique qui avait progressé sous hormonothérapie et qui avaient reçu 1 ou 2 lignes de chimiothérapie antérieures pour leur maladie avancée ont été randomisées entre Dato-DXd ou chimiothérapie standard au choix de l'investigateur. Le Dato-DXd a amélioré la SSP évaluée en aveugle par une revue centralisée indépendante (6,9 vs 4,9 mois; RR : 0,63; IC à 95 % : 0,52 à 0,76; P < 0,0001). Au terme de l'analyse, la survie globale médiane était de 18,6 mois contre 18,3 mois (RR : 1,01; IC à 95 % : 0,83 à 1,22), sans différence entre les groupes de traitement. Ces données ont conduit à l'approbation réglementaire de la FDA pour Dato-DXd chez les patientes atteintes d'un cancer du sein non résécable ou métastatique HR-positif/HER2-négatif prétraité.

Le sacituzumab govitecan a quand à lui démontré son intérêt dans une population avec cancer RH+/HER2- plus fortement prétraité dans l'essai de phase III TROPiCS-02. Parmi 543 patientes ayant reçu une hormonothérapie, un taxane, un inhibiteur de CDK4/6 et 2 à 4 lignes de chimiothérapie antérieures pour une maladie métastatique, le sacituzumab govitecan a amélioré la SSP médiane par rapport à la chimiothérapie en monothérapie (5,5 vs 4,0 mois; RR : 0,66; IC à 95 % : 0,53 à 0,83; P = 0,0003) et la survie globale médiane (14,4 vs 11,2 mois; RR : 0,79; IC à 95 % : 0,65 à 0,96; P < 0,020). En pratique, le choix des séquences de traitement doit tenir compte de la population étiquetée, de l'exposition antérieure aux ADC et à la chimiothérapie, de l'expression de HER2 et d'autres biomarqueurs exploitables, des comorbidités, des toxicités antérieures, du rythme de la maladie et des préférences des patientes.

Comment les profils de toxicité peuvent aider à différencier les ADC anti-TROP2
Pour le sacituzumab govitecan, la neutropénie et la diarrhée restent des risques importants, ces effets secondaires étant mis en avant dans la notice d'information aux Etats-Unis.La NFS doit être surveillée périodiquement, le traitement doit être interrompu selon le niveau de neutropénie et en cas de neutropénie fébrile ; une prophylaxie primaire par G-CSF est par ailleurs recommandée pour les patientes présentant un risque accru de neutropénie fébrile. En cas de diarrhée, les professionnels de la santé doivent éliminer une cause infectieuse, corriger les troubels hydro-électrolytiques si besoin, initier rapidement un traitement par lopéramide après avoir éliminé une cause infectieuse et suspendre ou réduire la dose du traitement en cas de symptômes graves conformément au résumé des caractéristique produit (RCP) disponible..

Le Dato-DXd nécessite un schéma de soins de support différent. Mucite buccale, réactions oculaires indésirables et pneumopathie interstitielle diffuse/pneumonie sont les principaux risques mentionnés sur la notice de cet ADC. Les informations posologiques actuelles recommandent un bain de bouche contenant une pré-médication par corticostéroïde et indiquent aux patientes de garder des glaçons ou de l'eau glacée dans la bouche pendant toute la durée de la perfusion. Il est également conseillé aux patientes d'utiliser des gouttes ophtalmiques lubrifiantes sans conservateur au moins 4 fois par jour, selon les besoins, et d'éviter les lentilles de contact, sauf avis contraire d'un ophtalmologue. Un examen ophtalmologique complet, comprenant un test d'acuité visuelle, un examen à la lampe à fente avec coloration à la fluorescéine, la mesure de la pression intraoculaire et un examen du fond d'œil, doit être effectué au début du traitement, à la fin du traitement et selon les indications cliniques ; le test d'acuité visuelle et l'examen à la lampe à fente doivent être répétés tous les 3 cycles pendant le traitement. L’apparition ou l’aggravation de symptômes pulmonaires doivent inciter à rechercher une pneumopathie interstitielle diffuse (PID) ou une pneumopathie; le traitement doit être suspendu en cas de suspicion de PID ou de pneumopathie, et les patientes présentant une PID ou une pneumopathie confirmée de grade ≥ 2 nécessitent un arrêt définitif du traitement et un traitement systémique rapide par corticostéroïdes.

Ces différences pratiques peuvent éclairer la prise de décision partagée. Une maladie gastro-intestinale sous-jacente ou une réserve médullaire limitée peuvent être à prendre en compte pour le sacituzumab govitecan, tandis qu'une maladie oculaire préexistante, une mucite récurrente ou des facteurs de risque pulmonaires peuvent affecter la faisabilité du Dato-DXd. Ces éléments ne constituent pas des critères de sélection absolus, mais peuvent orienter la planification des soins de support, le conseil aux patientes et la détection précoce des toxicités.

Comment le paysage des ADC anti-TROP2 continue d'évoluer
Le sacituzumab tirumotecan est un autre ADC ciblant TROP2 en développement clinique. Dans l'essai randomisé de phase III OptiTROP-Breast01 mené en Chine, 263 patientes atteintes d'un cancer du sein triple négatif localement récurrent ou métastatique précédemment traité ont reçu du sacituzumab tirumotecan ou une chimiothérapie choisie par le médecin. La SSP médiane évaluée en aveugle par une revue centralisée indépendante était de 6,7 mois contre 2,5 mois (RR : 0,32; IC à 95 % : 0,24 à 0,44; p < 0,00001), et lors de l’analyse intermédiaire prédéfinie de la SG, la SG médiane n’a pas été atteinte vs 9,4 mois (RR : 0,53; IC à 95 % : 0,36 à 0,78; P < 0,0005). Le taux de réponse objective était de 45,4 % contre 12,0 %, et la durée médiane de la réponse était de 7,1 mois contre 3,0 mois. En août 2026, le sacituzumab tirumotecan n'était pas approuvé par la FDA ni par l'EMA pour le traitement du cancer du sein. En Chine, cependant, il est approuvé pour le cancer du sein triple négatif localement avancé ou métastatique non résécable après ≥ 2 traitements systémiques antérieurs, dont ≥ 1 dans le contexte avancé/métastatique, ainsi que pour le cancer du sein HR-positif/HER2-négatif non résécable ou métastatique après une hormonothérapie antérieure et ≥ 1 ligne de chimiothérapie dans le contexte d'une maladie avancée.

À mesure que les indications des ADC anti-TROP2 s'étendent aux premières lignes de traitement, les décisions thérapeutiques dépendront de plus en plus du sous-type de la maladie, des traitements antérieurs, du statut réglementaire, de la toxicité attendue, de l'infrastructure de soins de soutien disponibles et des priorités des patientes. La connaissance des données essentielles et des exigences de gestion spécifiques à chaque agent sera primordiale pour les professionnels de la santé

Vos réflexions
Comment envisagez-vous le rôle actuel des ADC anti-TROP2 dans la prise en charge des patientes atteintes d'un cancer du sein RH+/HER2- ou triple négatif ? Dites-nous où vous exercez et quelle est votre capacité à accéder aux ADC anti-TROP2. Accédez à la page web du programme, à une ressource infographique en ligne et à d'autres activités de formation continue certifiée associées à cette discussion.

Poll

1.

Nous lançons un programme d’éducation continue sur l'utilisation des ADC anti-TROP2 chez les patientes atteintes d'un cancer du sein métastatique RH+/HER2- ou triple négatif. Nous serions intéressés de savoir quels sujets vous intéresse(nt) le(s) plus:

Submit